Qu’est-ce que le chronométrage

Chronométrage est un système technique et organisationnel pour mesurer le temps d’un skieur du départ jusqu’au passage de la ligne d’arrivée. Il comprend les appareils de mesure, les câbles ou les solutions de transmission autorisées, l’exploitation, l’enregistrement des données, les logiciels de calcul ainsi que les procédures de contrôle. Le terme chronométrage ne désigne donc pas seulement l’affichage à l’arrivée ni un seul chronomètre.

En mesure électronique, la cellule de départ enregistre l’instant où le concurrent libère la tige de départ. L’impulsion d’arrivée est créée par l’interruption du faisceau de la cellule photoélectrique d’arrivée. Les appareils fonctionnent en mode temps absolu de la journée (time of day, ToD) : le temps final de descente est calculé en soustrayant l’heure de départ de l’heure d’arrivée.

Le décompte sonore ou l’ordre du starter aident à organiser le départ, mais ils ne déclenchent pas la mesure. L’impulsion décisive vient de la cellule de départ.

Chronométrage de course selon la FIS

Lors des épreuves inscrites au calendrier FIS, il faut utiliser des chronomètres électroniques homologués, des cellules de départ et des cellules photoélectriques. Les règles actuelles de la FIS exigent, dans les compétitions internationales de ski alpin, deux systèmes synchronisés et électroniquement séparés :

  • système A est principal,
  • système B est de secours,
  • les deux reçoivent chacun une impulsion distincte de la cellule de départ,
  • à l’arrivée, il y a deux ensembles homologués de cellules photoélectriques, raccordés séparément aux systèmes A et B.

Les systèmes sont synchronisés avant la descente et ne doivent pas l’être à nouveau pendant celle-ci. L’installation technique doit être placée ou protégée de manière à ne pas mettre les concurrents en danger, autant que possible.

Selon les règles de la FIS, le temps final est exprimé au centième de seconde. Le temps calculé est tronqué, et non arrondi mathématiquement. Le temps 52,349 seconde est donc indiqué comme 52,34 seconde.

Si le système A tombe en panne, la donnée électronique de secours du système B est utilisée selon la procédure de correction prescrite. Pour toutes les épreuves du calendrier FIS, un chronométrage manuel indépendant au départ et à l’arrivée est en outre obligatoire. Les temps manuels sont enregistrés comme heure de la journée et peuvent servir au calcul d’un temps électronique équivalent (EET) s’il manque une donnée électronique exploitable. Il ne s’agit pas d’une simple retranscription du temps du chronomètre : une correction est effectuée sur la base de la comparaison des temps électroniques et manuels des concurrents voisins.

Un transpondeur ou un capteur d’entraînement ne peut pas, en compétition FIS, être automatiquement considéré comme un remplacement du système A, du système B ou du chronométrage manuel obligatoire. Ce sont les règles actuelles de la compétition et la liste des appareils homologués qui font foi.

Le temps électronique d’arrivée naît de l’interruption du faisceau de la cellule photoélectrique. Si un concurrent chute à l’arrivée sans s’arrêter complètement, le temps enregistré peut être valable, mais il doit franchir immédiatement et entièrement la ligne d’arrivée, avec ou sans ses skis. La validité du passage est jugée par le juge à l’arrivée.

Chronométrage – illustration technique Ski Loko

Temps officiel et non officiel

Le temps affiché sur le panneau ou dans la retransmission en ligne est une information immédiate, mais généralement non officielle. Avant de confirmer les résultats, on vérifie les enregistrements des systèmes A et B, les temps manuels, les données de départ et d’arrivée, d’éventuels calculs de remplacement ainsi que les décisions du jury. Le temps peut donc être corrigé après l’arrivée sans qu’il s’agisse d’une modification arbitraire du résultat.

Dans les disciplines à deux manches, le classement est déterminé selon la somme des temps valides des deux manches, sauf si le règlement du format concerné en décide autrement. Le temps intermédiaire montre la performance seulement sur une partie donnée du parcours et ne décide pas, à lui seul, du résultat.

Le chronométrage à l’entraînement des enfants

À l’entraînement, le chronométrage peut être plus simple qu’en compétition officielle. Il sert à mesurer l’ensemble du parcours, un court secteur, la phase de départ ou le passage d’une combinaison de portes choisie. De telles données sont un retour d’entraînement, pas un résultat officiel de compétition.

Un temps plus rapide ne signifie pas automatiquement une meilleure technique. L’écart peut venir de la trajectoire choisie, de la qualité du départ, de la vitesse à l’entrée dans la zone chronométrée, d’une erreur à la porte précédente, d’un changement d’état de la neige, du vent ou d’un dommage sur le parcours. Il faut aussi interpréter les temps intermédiaires avec prudence : l’endroit où l’écart de temps apparaît n’est pas forcément celui où sa cause est apparue.

Chez les plus jeunes, la mesure doit soutenir la maîtrise de la tâche, sans reléguer au second plan la sécurité et le développement des bases du ski. L’entraîneur peut par exemple comparer deux choix tactiques, suivre la régularité des passages répétés ou associer le temps à une évaluation du rythme et de la précision. L’adéquation dépend de l’âge, du niveau moteur, de l’expérience et de l’objectif de l’entraînement ; il n’existe pas de nombre universel de passages chronométrés pour chaque enfant.

Pour un parent, il est important de ne pas surestimer l’écart d’un ou deux centièmes, surtout si les enfants n’ont pas skié sur un parcours conservé de manière identique. Une question plus utile que « Quel a été le temps ? » est souvent : « Qu’est-ce qui a bien fonctionné dans cette descente et où peut-on gagner du temps avec un ski plus sûr ou plus précis ? »

Le regard de l’entraîneur

Le chronométrage fournit un chiffre objectif, mais sa signification ne prend forme qu’avec une interprétation experte. L’entraîneur compare le temps à la vidéo, à l’observation de la technique, au déroulement du parcours et à la tâche demandée. Lorsqu’il compare des descentes, il s’efforce de conserver le même départ, le même placement, le même sens de mesure et des conditions aussi proches que possible.

Le jeune skieur doit apprendre à réagir à la procédure de départ, à ouvrir la porte de départ d’un mouvement décidé et à franchir toute la ligne d’arrivée en sécurité. Il ne doit ni freiner devant la cellule photoélectrique ni se retourner vers l’écran juste après l’arrivée. Le temps est le résultat de la descente ; le passage en sécurité dans la zone d’arrivée en fait partie.

Sources et lectures complémentaires

  1. FIS – International Competition Rules, Book IV: Alpine Skiing, edition July 2026
  2. FIS – Timing Booklet Alpine, Para Alpine, version 2.67, 16 June 2026
  3. FIS – Homologated Timing Equipment
  4. FIS – Timing and Data Technical Report Software User Manual, version 13
  5. U.S. Ski & Snowboard – 2026 Alpine Competition Guide
  6. U.S. Ski & Snowboard – Alpine Competition Officials Education Resources
  7. U.S. Ski & Snowboard – Athlete Performance Profile and Competition Domain
  8. Alpine Canada Alpin – Resources for Officials
  9. Existe-t-il un effet d’interférence contextuelle chez les skieurs alpins de niveau sub-élite qui apprennent des compétences complexes ?